Congrès régional de la FSM pour l’Afrique sur l’Education.Intervention de Mohammed Qnouch, Président de la Fédération Nationale des Associations des Parents d’Elèves au Maroc (FNAPEM)
24 avril 2012Monsieur le Président
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Je voudrais remercier nos amis de l’ODT pour l’intérêt qu’ils portent à l’action associative des parents d’élèves au Maroc , et pour m’avoir invité à contribuer à cette conférence de solidarité internationale sur un thème d’importance majeure pour notre continent, à savoir la situation de l’enseignement en Afrique. Je tiens également à féliciter les organisateurs d’avoir relevé le défi d’organiser le 1er Congrès régional africain de la FSM au Maroc .
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais également préciser que nous ne sommes pas des experts des politiques publiques en matière d’éducation. Néanmoins, nous nous positionnant entant qu’espace d’action et de réflexion d’une part, d’accompagnement et d’inflexion sur lesdites politiques publiques, considérant notre mission qui consiste à défendre les droits des enfants scolarisés ou en âge de l’être ; notamment leur droit à une éducation moderne , démocratique et de qualité.
Par ailleurs, nous définissons nos rapports avec les syndicats responsables des enseignants(es) comme des rapports de partenariat stratégique fondé sur la solidarité, la compréhension et le respect mutuels . Et nous sommes convaincus que seulement main dans la main, parents et enseignants (es) pourront sauvegarder les acquis, ou du moins ce qui en reste, de l’école publique africaine dans la perspective de sa réhabilitation et de sa promotion.
Mesdames et Messieurs,
Vous n’êtes pas savoir que nos gouvernements respectifs ont pris des engagements internationaux à l’horizon 2015 , aux termes du Forum mondial sur l’éducation tenu à Dakar
( Sénégal) du 26 au 28 avril 2000.
Rappel des principaux engagements
Les six objectifs de l’ EPT
Les six objectifs clés en matière d’éducation qui visent à répondre aux besoins d’apprentissage de tous les enfants, jeunes et adultes en 2015 au plus tard.
Objectif 1
Développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l’éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés.
Objectif 2
Faire en sorte que d’ici 2015 tous les enfants, notamment les filles, les enfants en difficulté et ceux appartenant à des minorités ethniques, aient la possibilité d’accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu’à son terme.
Objectif 3
Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l’acquisition de connaissances ainsi que de compétences nécessaires dans la vie courante.
Objectif 4
Améliorer de 50 % les niveaux d’alphabétisation des adultes, et notamment des femmes, d’ici à 2015, et assurer à tous les adultes un accès équitable aux programmes d’éducation de base et d’éducation permanente.
Objectif 5
Eliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire d’ici 2005 et instaurer l’égalité dans ce domaine en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite.
Objectif 6
Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l’éducation dans un souci d’excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d’apprentissage reconnus et quantifiables - notamment en ce qui concerne la lecture, l’écriture et le calcul et les compétences indispensables dans la vie courante.
Objectifs du Millénaire
pour le développement ( ODM)
Objectif 2
Assurer l’éducation primaire pour tous
Le bilan
Alors, qu’en est-il de la réalisation de ces objectifs en Afrique 12 ans après ?
Le bilan global qui ressort de la lecture des différents rapports nationaux, régionaux et internationaux sur l’état de l’enseignement en Afrique, nous enseigne que malgré les efforts consenties par les différents gouvernements africains, les ménages et la société civile, et en dépit des quelques avancées enregistrées sur le plan quantitatif, on est loin d’atteindre les objectifs cités plus haut. Et beaucoup de chemin reste à parcourir pour consacrer le droit à l’éducation de qualité pour tous, tel que stipulé par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention internationale des Droits de l’enfant et tel qu’énoncé dans la Déclaration mondiale sur l’éducation pour tous ( Jomtien 1990).
Compte tenu du temps qui m’est imparti, je me limiterais à quelques indicateurs phares et révélateurs de cet état de fait.
- 1 adulte sur 3 est analphabète en Afrique.
- Presque 12 millions de filles risquent de ne jamais être scolarisées en Afrique subsaharienne.
- Dans certains pays d’Afrique subsaharienne, la probabilité que les jeunes adultes étant allés pendant 5 ans à l’école soient analphabètes est de 40 %.
- Dans 11 pays d’Afrique subsaharienne 50% des jeunes adultes ont été scolarisés pendant moins de 4 ans .Au Burkina Faso et la Somalie 50 % des jeunes adultes ont été scolarisés pendant moins de 2 ans.
Au Nigéria, 97 % des filles pauvres ayant le hawsa pour langue maternelle l’ont été également pendant moins de 2 ans.
- Quant à l’enseignement préscolaire 17 Etats d’Afrique subsaharienne présentent des taux brut de scolarisation (TBS) inférieurs à 10 %.
- En Afrique subsaharienne 9 % des élèves abandonnent l’école avant d’avoir terminé la 1ère année du primaire.
- Le taux net de scolarisation dans le secondaire n’est que de 34 % en Afrique subsaharienne.
- Le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur n’atteint que 6 % en Afrique subsaharienne.
- Le rapport élèves/enseignant formé est également préoccupant. Des pays comme Madagascar, Le Mozambique, la Sierra Leone et le Togo enregistrent des rapports supérieurs à 80/1( la norme internationale 40/1)
- L’Afrique est confrontée, également, au plus gros déficit de financement de ses systèmes éducatifs, estimé à 18 milliards de dollars EU.
Mesdames et Messieurs,
Cet état de fait est-il la résultante du manque de volonté politique chez nos gouvernements respectifs ? Ou bien du déficit en matière de bonne gouvernance dans la gestion de nos systèmes éducatifs respectifs ? Ou c’en est l’un des effets pervers de la crise financière mondiale ? Ou encore de la défaillance des bailleurs de fonds internationaux, des gouvernements du Nord qui ont failli à leur devoir de solidarité internationale ?
Je laisserais au débat qui suivra le soin de répondre à de tels questionnements.
Merci de votre attention et avec tous mes sincères souhaits de réussite à votre Congrès.


