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RAPPORT D’INTRODUCTION JULIEN HUCK, SECRETAIRE GENERAL DE L’UIS COMITE EXECUTIF UIS 8 AU 10 AVRIL 2012, DAKAR

20 avril 2012

RAPPORT D’INTRODUCTION
JULIEN HUCK, SECRETAIRE GENERAL DE L’UIS
COMITE EXECUTIF UIS
8 AU 10 AVRIL 2012
DAKAR

Notre 3ème Conférence s’est fait l’écho des luttes populaires menées dans le monde. La situation des peuples et des travailleurs se dégrade à mesure de l’approfondissement de la crise du système capitaliste. L’exploitation toujours plus féroce des travailleurs au niveau national et leur mise en concurrence au niveau mondial oblige les organisations nationales à répondre à ces attaques mais aussi de créer et de renforcer les luttes et la solidarité au niveau international. Les enjeux posés par les aggravations des conditions de vie et de travail des travailleurs ont été évalués et dénoncés unanimement au cours des travaux de la Conférence. Les exemples ne manquent pas pour symboliser ces attaques comme c’est le cas depuis quelques mois dans les pays arabes.

Les enjeux économiques dans cette partie du monde sont grands du fait, notamment, de la concentration de nombreuses ressources énergétiques en pétrole et en gaz et de la volonté de renforcer la domination de l’impérialisme américain. Les manœuvres en tout genre se développent, y compris à partir de l’expression des mécontentements ou des révoltes. Les campagnes médiatiques diplomatiques ou militaires se multiplient pour décrédibiliser les mouvements populaires comme c’est le cas en Tunisie ou en Egypte et encore aujourd’hui en Syrie ou en Palestine. La récupération de chaque situation par les forces impérialistes a entraîné la mise en place ou le renforcement de partis, de structures fantoches, réactionnaires et obscurantistes, pour dévoyer les volontés populaires de remise en cause d’un système qui exploite et pille les richesses des pays. Pourtant les peuples syrien et palestinien notamment luttent toujours pour la défense de leur souveraineté et de leur indépendance nationale. Les nombreuses interventions de soutien lors de la 3ème Conférence sont la démonstration des solidarités envers ces peuples en lutte.

Des luttes se développent aussi en Europe, symbolisées par les luttes en Grèce, au Portugal ou en Irlande. La volonté des gouvernements européens, en premier lieu ceux d’Allemagne et de France, d’imposer une politique d’austérité généralisée rencontre de fortes résistances. La construction capitaliste d’une Europe antisociale et antidémocratique fait peser une chape de plomb de plus en plus lourde sur les travailleurs, les chômeurs et les retraités. Pourtant, des résistances s’organisent. Les fortes mobilisations et les grèves générales en Grèce et au Portugal, à l’appel du syndicat PAME ou de la CGTP, soulèvent les questions essentielles d’indépendance nationale et de légitimité du système capitaliste qui pèse toujours plus fort contre les peuples et qui remet en cause les acquis arrachés par les luttes. La construction de l’Union Européenne a pour base une domination supranationale de chaque pays dans le but d’imposer des politiques d’austérité voulue par le patronat. En utilisant et dévoyant les mécontentements populaires, les gouvernements allemand et français ont imposé la démission des gouvernements grec et italien pour mettre en place, sans consultation d’aucune sorte, de nouveaux dirigeants entre autres des responsables libéraux, d’extrême droite et des grandes banques d’affaires. Aux grands maux les grands remèdes. Gouvernements et patronats tentent d’imposer par la force leur vision fascisante aux peuples européens. Les luttes menées par les syndicats pour remettre en cause l’exploitation capitaliste sont trop souvent dévoyées par les syndicats d’accompagnements ou la Confédération Européenne des Syndicats qui s’inscrivent dans les politiques de régression sociale et démocratique. Mais les combats et les résistances se multiplient et s’organisent. Notre Conférence en a fait la preuve.

En Asie, en Afrique, de nombreuses actions populaires se développent contre les mêmes maux et les mêmes politiques et stratégies capitalistes et impérialistes. Nous aurons certainement l’occasion d’en débattre. Tous ces mouvements font la démonstration de l’utilité d’une force syndicale combative et de classe, comme notre Union Internationale et la FSM pour les combats d’émancipation.

1/ ANALYSE DE LA 3ème  CONFERENCE UIS

Depuis 2008, les crises du système capitaliste se succèdent. Les crises alimentaires, économiques et financières n’ont qu’une seule cause : la voracité toujours plus grande du système capitaliste qui exploite les travailleurs, pille les ressources naturelles et impose sa chape de plomb totalitaire sur les peuples. Dans ce contexte d’aiguisement de la lutte des classes, notre Union Internationale a tenu sa 3ème Conférence à Paris en juin dernier. Loin de se résigner et de subir un système toujours plus inégalitaire et violent, les camarades venus de tous les continents ont fait preuve d’esprit combatif en inscrivant profondément leur activité dans le militantisme. Le succès de cette 3ème Conférence est à mesurer à plusieurs niveaux.

Tout d’abord concernant la préparation de cette rencontre. L’implication de la FNAF CGT dans la préparation de cette Conférence a été très importante. L’engagement des camarades de notre affiliée française, tant au niveau politique qu’organisationnel, est un point d’appui fondamental dans le travail de l’UIS.

Ensuite, la participation à cette Conférence a été très bonne : 184 délégués représentant 123 organisations venant de 82 pays. Cette participation est à mesurer à sa juste valeur. En comparaison avec la présence pour la 2nde Conférence en 2004, les avancées sont importantes. Ces avancées significatives sont le résultat du renforcement de toute la FSM depuis 2005. En effet, le congrès de La Havane a été une véritable renaissance pour le mouvement syndical international de Lutte et de Classe. L’impulsion donnée à ce moment a permis de réfléchir à un plan de travail efficace, ambitieux et surtout à la hauteur des enjeux de classe posés par le patronat et les forces réactionnaires du monde entier.

Les avancées en terme de participation marquent également l’ancrage de notre UIS sur tous les continents : 31 représentants d’Afrique, 19 d’Europe, 16 d’Amérique Latine, 9 d’Asie et 7 des pays Arabes. Cette présence est le résultat du travail de renforcement de notre activité au niveau continental. Ce travail, engagé depuis 2007, et notre Comité Exécutif à Hanoï porte ses fruits et doit se poursuivre. Cet ancrage participe de la construction de processus révolutionnaires profonds. Cette construction part des revendications des travailleurs, des réalités économiques, géographiques et historiques de chaque pays, de chaque continent.

Le succès de cette Conférence doit aussi se mesurer par le niveau très élevé du contenu politique des interventions. Chacun des intervenants ne s’est pas limité au simple constat des difficultés rencontrées dans l’activité syndicale. Non sans dénoncer les violences du système capitaliste, les délégués ont apporté des réponses. Des réponses construites en tenant compte des réalités objectives pour faire avancer les idées révolutionnaires et le mouvement syndical porteur de ces concepts dans chaque pays. Les processus révolutionnaires  agraires par exemple ne se décrètent pas, ils se bâtissent pierre par pierre.

De la même manière, le mouvement syndical international se construit grâce au renforcement de chaque affilié, de chaque syndicat national. Le recul et le manque d’objectifs clairs et concrets des mouvements altermondialistes, comme celui des « indignés », porteurs avant tout des conceptions et de la désespérance des classes petite-bourgeoises, laminées elles aussi par la crise du capitalisme, prouve que les luttes efficaces, conséquentes et porteuses de changements réels doivent partir de véritables attentes populaires et se construire à partir des réalités nationales et de la solidarité internationale.

Contrairement à ces mouvements « sans lendemain » et à ceux qui tentent de donner un visage humain au capitalisme, les délégués présents à notre Conférence ont tous affirmé leur volonté de construire activement à partir des forces nationales un mouvement international syndical de classe. Le travail réalisé par notre UIS va dans ce sens et a été réaffirmé avec force lors de cette Conférence : le rapport des forces s’élève et se construit au plus près des réalités des travailleurs.

Cette Conférence s’est fait l’écho des luttes populaires et des perspectives apportées par le syndicalisme de lutte, de masse et de classe. La réaffirmation du caractère de classe de notre UIS et de ses affiliés, les volontés de consolider notre Union Internationale, le renforcement du travail collectif ainsi que les objectifs tracés au cours de cette Conférence nous permettent d’établir un plan de travail efficace, ambitieux dans le but de développer notre présence sur tous les continents et ainsi d’élever le rapport des forces. La parution de 3 numéros du bulletin de l’UIS, en Juin et  en novembre 2011 et dernièrement en mars 2012 permettent d’apprécier le contenu positif et les objectifs ambitieux de notre 3ème Conférence. Ils sont la marque de la volonté d’étendre nos activités en développant la parution de notre bulletin. Le Secrétariat de notre UIS, qui s’est tenu en décembre 2011 à Paris, a tiré les analyses de cette Conférence internationale et a dégagé des pistes de travail pour renforcer notre travail et notre présence sur tous les continents.

2/ NOS ACTIVITES CONTINENTALES

Le plan de travail établi au Comité Exécutif de Hanoï a eu pour objectif de renforcer la présence de notre Union Internationale sur tous les continents. Les étapes importantes franchies depuis ce Comité Exécutif avec la mise en place de structures régionales en Europe, en Amérique et en Afrique permettent de réfléchir à une structuration plus efficace. Certains éléments d’organisation se concrétisent notamment au travers de la constitution de notre Secrétariat, formé des responsables des bureaux régionaux, permettant un meilleur travail collectif.

a) Au niveau africain, les politiques néo-colonialistes tentent d’imposer d’importants reculs aux peuples et aux travailleurs africains. En intégrant l’agriculture dans la sphère capitaliste, les grandes puissances impérialistes comme la France ou les USA accentuent leur domination en remplaçant les cultures vivrières locales en cultures dédiées à l’exportation. Les interventions des camarades africains lors de la 1ère Conférence syndicale africaine de janvier 2010 et celles de la 3ème Conférence internationale vont toutes dans ce sens. Les puissantes luttes menées sur ce continent depuis les libérations nationales dans les années 1950- 1960 prouvent que les mouvements syndicaux et politiques ont des bases sur lesquelles nous devons nous appuyer. La situation dramatique des peuples et les évidents manques de moyens financiers des syndicats ont été le terreau pour la récupération de ses syndicats par des forces syndicales internationales d’accompagnement des stratégies capitalistes et impérialistes en promettant monts et merveilles.

Les attaques impérialistes se poursuivent. En Egypte et en Tunisie, les forces de droite et obscurantistes, appuyées par les gouvernements européen et américain, tentent de récupérer les insatisfactions populaires. L’organisation d’élections en Tunisie après les révoltes de l’année passée, a permis de renforcer les partis rétrogrades et religieux. Nous mesurons aujourd’hui les effets négatifs de ce renforcement notamment au travers des attaques frontales que vit l’UGTT. Toutefois, nous observons que la lame de fond construite sur les volontés populaires n’est pas si facilement mise sous l’éteignoir. Les récentes manifestations à Tunis pour défendre l’UGTT, et plus généralement les forces progressistes, sont la continuité des luttes pour plus de démocratie, de liberté et symbolisent les luttes contre la montée des forces religieuses. La volonté du peuple est profonde d’en finir avec ce système qui exploite et impose des reculs sérieux aux droits des travailleurs et aux aspirations à la démocratie et à l’auto-détermination. Notre Union Internationale réaffirme son soutien aux travailleurs et militants syndicaux qui luttent pour la satisfaction de leurs revendications et pour la défense des forces syndicales progressistes.

De nombreux contacts ont été réalisés durant la dernière période et des demandes d’affiliations et de travail en commun nous ont été envoyées notamment de la République Démocratique du Congo, du Rwanda, du Bénin, du Liberia et de Centrafrique.

De plus, le conseil présidentiel de la FSM a eu lieu en Afrique du Sud au courant du mois de février. Nous en avons profité pour prendre des contacts avec les syndicats professionnels de ce pays. La présence à notre Comité Exécutif de camarades sud-africains de la FAWU (Food and Allied Workers Union) est une étape importante pour le renforcement de notre Union Internationale sur le continent africain. Les luttes de classe menées dans ce pays contre l’apartheid par les forces syndicales et politiques sont des exemples de résistance, de courage et de détermination. Les victoires contre ce système colonial d’oppression sont porteuses d’espoir et de perspectives pour tous les peuples qui luttent. Notre UIS doit continuer de travailler dans ce sens pour approfondir et consolider encore nos liens avec les syndicats sud-africains.

La très forte participation des syndicats africains à notre Conférence montre que les mouvements révolutionnaires ne sont pas morts mais au contraire qu’ils vivent et se renforcent. La présence positive de 31 organisations nationales de cette région doit nous permettre de nous renforcer. De très nombreuses tâches restent à accomplir pour massifier le mouvement syndical de classe sur le continent. Nous en débattrons de façon approfondie dans ce Comité Exécutif et nous aurons en fin de séjour une rencontre du Bureau africain et du Secrétariat de l’UIS qui nous permettra de concrétiser des objectifs

b) Au niveau du continent américain, la Seconde rencontre continentale va se tenir du 9 au 11 mai 2012 à Brasilia, au Brésil. Un groupe de travail constitué de 5 camarades (de la CONTAG et de la CTB du Brésil et de notre UIS) s’est constitué pour avancer concrètement sur la réalisation de cette Conférence. Cette Conférence importante sera l’occasion pour notre UIS de gagner de nouveaux points d’appui avec des organisations nationales notamment dans des pays comme la Colombie, le Pérou ou le Venezuela.

Les luttes populaires menées dans un grand nombre de pays d’Amérique Latine ont permis de mettre en place des gouvernements progressistes qui œuvrent pour sortir du diktat imposé par l’impérialisme yankee. Pour les gouvernements nord-américains successifs, les pays d’Amérique du Sud constituaient leur arrière cours, garantissant ainsi des réserves en produits pétroliers, en productions alimentaires et en main d’œuvre à bas coût. La fin d’une telle domination ouvre des perspectives d’amélioration des conditions de vie et de travail pour les peuples et de véritables progrès sociaux et culturels. La tenue de 2 conférences continentales et le renforcement du bureau régional doit nous permettre d’étendre encore notre présence sur le continent. Les évolutions que connaît ce continent avec l’émergence de gouvernements progressistes, voire révolutionnaires, nous permettent d’envisager un plan de travail ambitieux pour réaliser nos objectifs.

c) Au niveau européen, beaucoup d’initiatives ont lieu. Des contacts se développent. L’engagement d’organisations nationales comme celles de Pologne et du Portugal auprès de notre Union Internationale nous permet d’ancrer notre travail au plus près des réalités. Nous avons des contacts divers mais pas toujours très organisés ou structurés avec des syndicats affiliés ou amis de l’ex Union Soviétique. Nous avons encore à améliorer notre travail syndical. Nous avons pris la décision à notre Secrétariat de demander à notre Organisation Syndicale Européenne d’assumer le suivi du travail syndical en Europe et dans les pays de l’ex Union Soviétique pour rendre notre activité plus efficace.

Les colères symbolisées par les fortes luttes populaires en Grèce, au Portugal, en Italie, en France ou en Roumanie montrent le refus des peuples et des travailleurs de continuer à subir un système indigne et injuste. Patronats et gouvernements travaillent main dans la main pour imposer des reculs importants. La construction d’une Europe supranationale, faisant fi de l’autodétermination, rencontre de plus en plus de résistance. Pourtant, le syndicalisme de classe peine à se développer. L’intégration de nombreux syndicats européens dans la construction de l’Union Européenne étouffe les volontés populaires. L’hégémonie, dans les instances internationales telles que l’OIT et la FAO, de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et de sa branche européenne la Confédération Européenne des Syndicats (CES), véritable outil d’intégration pour soumettre les travailleurs, symbolise nos difficultés. Notre Organisation Syndicale Européenne (OSE) travaille pour faire entendre la voix des syndicats de classe dans ces instances et pour renforcer notre présence sur ce continent. Dans ce sens, plusieurs initiatives sont envisagées.

Nous devons réunir le Comité Exécutif de notre organisation européenne. Nos camarades du Portugal ont accepté d’organiser cette rencontre au courant du mois de septembre 2012.
Les nombreuses attaques coordonnées du patronat européen et des gouvernements à leur solde, nous oblige à renforcer notre présence et de coordonner plus efficacement nos activités syndicales. Quelque soit le pays, les coups de butoir du patronat sont identiques. Nous voulons aussi améliorer nos relations avec le Bureau Europe de la FSM.

La possibilité de construire des revendications communes entre les syndicats des grandes multinationales présentes dans les pays de l’Union Européenne doit être étudiée et approfondie. Des relations existent déjà avec les syndicats présents dans des groupes comme  Unilever, Danone ou Coca cola. Ces relations doivent se consolider pour que les syndicats soient en mesure de proposer des plateformes revendicatives communes et échanger sur la situation propre à chaque entité. Nous avons envisagé une rencontre concernant les militants de ces grands groupes capitalistes à Chypre que nous devons relancer.

3/ ACTIVITES SYNDICALES POUR DEFENDRE LES REVENDICATIONS DES TRAVAILLEURS MIGRANTS

Quelque soit le pays ou le continent, le système capitaliste impose par la force ces volontés de domination. La division des travailleurs est un outil important de la classe bourgeoise pour maintenir ce système. Cet outil est plus que jamais utilisé à plein. La mondialisation n’est pas que le résultat logique et neutre des évolutions technologiques, mais bel et bien un instrument pour étendre et imposer sur tous les points de la planète leur système économique. Cette mondialisation n’est pas source de progrès social ou culturel mais source d’exploitation toujours plus féroce et qui ne connait pas de frontière. Derrière cette notion quasi inéluctable se cache l’impérialisme, ce que Lénine nommait « stade suprême du capitalisme ». La soif insatiable de profits pousse la bourgeoisie à étendre son rayon d’exploitation mettant ainsi en concurrence les travailleurs dans l’entreprise, dans le pays et entre les pays.

Les exemples de syndicats qui luttent contre ces évolutions ne manquent pas, et notre 3ème Conférence s’en est fait l’écho. Les combats concrets pour la souveraineté alimentaire, le droit à une couverture sociale pour tous les travailleurs, le droit à un salaire minimum… vont dans le sens d’une évolution socialiste de la société. Et notre UIS est de ces combats.  Les travailleurs migrants fuient la misère pour tomber dans la même misère. Les combats solidaires essentiels se font sur la base de l’unité de la classe ouvrière. Nous en débattrons lors de cette réunion.

4/ DEVELOPPEMENT DES ACTIVITES DE L’UIS. PROPOSITIONS DU SECRETARIAT

Les perspectives apportées lors de la 3ème conférence de notre Union Internationale sont grandes. Le secrétariat a analysé les avancées réalisées depuis 2004. Même si cette analyse est positive, il nous reste des tâches très importantes à accomplir pour développer les forces syndicales de classe dans nos secteurs professionnels et sur tous les continents.

Le plan de travail élaboré au cours du précédent Comité Exécutif de 2007 à Hanoï est en partie réalisé avec notamment la mise en place de bureaux régionaux en Europe, en Amérique Latine et en Afrique. Notre Comité Exécutif doit continuer à travailler de façon rigoureuse et concrète pour massifier encore notre présence dans le but de satisfaire les revendications des travailleurs.

Dans le cadre défini lors de la 3ème Conférence de notre UIS, le Secrétariat a dégagé quelques axes prioritaires :

1. Il nous faut concrétiser le plan de travail défini en 2007 en créant le bureau continental et en coordonnant notre activité sur le continent asiatique. La présence, sur ce continent, de puissantes organisations affiliées à l’UIS, comme en Inde ou au Vietnam, ou amies de notre UIS, comme en Chine, est un point d’appui important pour renforcer notre Union Internationale. Les travailleurs et les peuples du continent asiatique subissent de graves attaques. Les multiples rencontres ainsi que les liens qui unissent notre Union Internationale et les syndicats nationaux, d’Inde notamment, nous permettront de construire un bureau régional efficace et d’intégrer un camarade indien au Secrétariat de l’UIS en tant que responsable de ce bureau. Nous envisageons une conférence continentale en 2013 et, dans ce cadre, nous avons déjà eu et nous aurons de nouvelles rencontres, notamment en Inde pour préciser nos objectifs et nos moyens.

2. Nous devons continuer à consolider la présence de l’UIS et plus largement de la FSM dans les instances représentatives comme à l’OIT. Au sein de cette organisation, l’hégémonie des forces de la CSI doit être combattue. Depuis 2005, des avancées importantes ont été réalisées notamment grâce à la présence de la camarde Osiris Oviedo qui siège quotidiennement à Genève. Pour notre UIS, des avancées sont aussi observées notamment au travers d’un financement d’une partie de la conférence africaine de 2010. Nous devons continuer nos efforts pour la reconnaissance complète du mouvement syndical de classe.

Notre Union Internationale doit, dans le même ordre d’idée, renforcer sa présence à la FAO. C’est dans ce sens qu’une rencontre a eu lieu au mois de mars entre notre UIS et l’USB, syndicat de classe italien affilié à la FSM. Nous avons fixé l’objectif d’une importante initiative le 3 octobre 2012, à Rome au siège de la FAO. Cette initiative pourrait prendre la forme d’un colloque, organisé conjointement entre l’USB, la FSM et notre UIS. Ce colloque sera l’occasion de réaffirmer nos revendications autour de la satisfaction des besoins des travailleurs et de la souveraineté alimentaire notamment. Nous sommes en cours d’élaboration d’une plate-forme syndicale conséquente sur la base de nos objectifs de la souveraineté alimentaire. Dans le cadre de cette rencontre, plusieurs interventions sont prévues : une de la FSM, une de notre UIS, d’autres de nos représentants de nos professions d’Afrique, d’Asie, des pays Arabes, d’Amérique Latine, d’Italie. Nous souhaitons y compris que la FAO puisse s’exprimer dans notre colloque. Nous devrons profiter de cette initiative pour demander une rencontre avec le directeur de la FAO afin d’exprimer nos revendications et de réaffirmer notre volonté d’une présence permanente de la FSM et de notre Union Internationale au sein de cette instance.

3. Notre Union Internationale s’est rendue récemment en Palestine pour apporter sa solidarité au combat du peuple palestinien pour son émancipation. Le 22 mars 2012 s’est tenue une conférence de solidarité, organisée conjointement par la FSM et par l’Union Générale des Travailleurs Palestiniens. A cette occasion, notre UIS et le camarade Mohamed YAHYA ont travaillé à la construction d’une conférence de solidarité avec le peuple et les travailleurs palestiniens de nos secteurs. Nos camarades de Palestine sont d’accord avec cet objectif. Et cette conférence importante pourrait se tenir en Palestine au courant du mois de juillet 2013. Dans la même région, nous allons bientôt organiser une rencontre à Damas avec les camarades des syndicats affiliés à notre UIS, de l’alimentation et des paysans. Nous leur apporterons notre solidarité militante dans ces durs moments et débattrons avec eux de nouvelles perspectives d’actions.

4. Nous devons intensifier notre travail en direction des femmes travailleuses et leur implication dans l’action syndicale. Dans ce sens, une initiative est prévue au cours de ce Comité Exécutif pour dégager des axes de travail. La présence de la responsable de la commission des femmes travailleuses au sein de notre Secrétariat est un signe fort de nos engagements. Nous le verrons au cours de nos travaux, les femmes jouent un rôle essentiel tant dans nos secteurs professionnels que dans les activités syndicales. Nous aurons certainement l’occasion de définir des axes précis de notre activité.

5.  Les premières pistes de réflexion, notamment sur les questions administratives et financières de notre UIS, que le Secrétariat a défini au cours de nos précédentes rencontres en septembre 2010, lors de la première réunion de notre Secrétariat, immédiatement après la 3ème Conférence et en décembre 2011, doivent être approfondies. Deux principales décisions sont prises qu’il nous faut maintenant appliquer concrètement :

La première concerne la relance des organisations affiliées pour leur contribution financière. Les coûts de la tenue de la 3ème Conférence ont été très importants et ont été quasi intégralement pris en charge par la FNAF CGT. La réalisation de telles initiatives ne doit pas être un frein aux activités permanentes. Nous devons relancer les organisations affiliées au travers d’une campagne d’aide financière et de paiement des cotisations.

La seconde décision concerne la planification du travail régional, de l’aide financière de l’UIS aux bureaux régionaux ainsi que l’examen de la situation administrative continent par continent. La mise en place de plans de travail régionaux est un élément du renforcement de notre activité. Le Secrétariat a décidé, selon les orientations de la Conférence, d’attribuer aux bureaux régionaux un budget limité leur permettant de réaliser leur plan de travail.

6. Nous avions discuté avec nos camarades d’Egypte, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie, mais aussi de Chypre, de France, de Grèce et d’autres pays, de reconstruire un comité syndical de nos professions pour les pays méditerranéens. Nous avons l’objectif de relancer cette proposition avec nos camarades des syndicats de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Egypte, en coopération étroite avec nos camarades de France qui en sont d’accord.

7. Renforcer la coordination syndicale dans les sociétés transnationales. La concentration aujourd’hui atteinte dans les grands groupes capitalistes nous impose une plus grande concertation des syndicats présents dans ces firmes. Les nombreuses discussions que nous avons lors des rencontres confirment cette appréciation. Un travail est déjà envisagé avec les camardes de Chypre pour renforcer cette coordination.

8. Notre travail de popularisation de nos revendications et de nos activités passe par une sortie plus régulière de notre bulletin. Depuis la 3ème Conférence, 3 numéros de notre bulletin ont été publiés. Des efforts importants pour la réalisation et la publication de nos bulletins sont accomplis. Nous devons continuer dans ce sens.

9. Bien entendu, nous poursuivons nos efforts pour le développement de contacts bilatéraux anciens et nouveaux notamment avec nos camarades de Chine, du Mexique, d’Afrique du Sud, d’Egypte et des organisations des pays de l’ex Union Soviétique.

CONCLUSION

En conclusion, la réussite de la 3ème Conférence de notre UIS est un point d’ancrage important pour renforcer notre présence sur tous les continents. Cette Conférence nous a aussi permis de mesurer nos forces et d’apprécier le renforcement du mouvement syndical de Classe. A l’image du 16ème congrès de la FSM, notre conférence a mis en évidence le caractère combatif, militant et solidaire des organisations affiliées et amies. Le mouvement syndical révolutionnaire se construit au travers de l’élaboration de revendications fortes et porteuses de perspectives pour l’émancipation des peuples. L’appel de Paris en est le meilleur exemple.

L’élan donné à notre UIS par la Conférence va nous permettre de structurer nos activités en mettant en place des plans de travail continentaux et ainsi d’être plus efficace. Les combats de classe que nous menons contre le système capitaliste et contre les syndicats de collaboration de classe sont âpres. Pourtant des avancées significatives sont observées.
Le Secrétariat de notre Union Internationale a tiré les analyses de cette Conférence. L’appréciation positive ne doit pas être un aboutissement mais une étape qualitative pour nous permettre d’améliorer notre travail.

Nous vivons le temps des luttes populaires, des révoltes, y compris des révolutions. Le fort développement des luttes pour les salaires, les conditions de vie et de travail, pour l’emploi y participe. Les paysans et les travailleurs se soulèvent et multiplient les actions pour obtenir des prix rémunérateurs et des salaires plus élevés. Des centaines de millions marchent en Inde ou en Europe, se révoltent en Afrique, se libèrent en Amérique Latine, construisent une société nouvelle en Asie. Des convergences objectives de luttes émergent et se concrétisent. Comment ne pas participer à ces combats avec enthousiasme et optimiste, avec clairvoyance et responsabilité.

Voilà, chers camarades, les analyses du Secrétariat à propos de la 3ème Conférence et de nos activités futures. Il appartient à chaque membre du Comité Exécutif d’intervenir pour approfondir encore ces analyses. 

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